Coulisses de l'auto-édition

Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds que je suis autrice. Ce que les gens imaginent : une femme assise à son bureau, qui écrit tranquillement pendant des heures.

La réalité : je suis aussi éditrice, correctrice, graphiste, chargée de communication, service après-vente, et comptable.

Bienvenue dans le quotidien de l’autrice auto-éditée.

Depuis que j’ai publié mon premier livre, j’ai appris à jongler entre deux univers qui n’ont pas grand-chose en commun : l’écriture — un espace intime, lent, qui demande du silence et de la profondeur — et l’auto-édition — un processus technique, commercial, qui demande de l’organisation et de la rigueur.

Et tout ça, avec une spondylarthrite ankylosante qui impose ses propres règles.

Voici comment je m’organise concrètement, ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, et ce que j’aurais aimé savoir avant de commencer.

Séverine Mahieux, autrice auto-éditée

Séparer les temps d'écriture et les temps d'édition

La première erreur que j’ai faite — et que font beaucoup d’auteurs auto-édités — c’est de vouloir tout faire en même temps.

Écrire un chapitre le matin, mettre à jour sa page Amazon l’après-midi, répondre aux commentaires Instagram le soir. Résultat : on n’est jamais vraiment dans l’écriture, et jamais vraiment dans l’édition non plus.

Autrice auto-édition

Aujourd’hui je fonctionne par blocs de temps dédiés.

Quand j’écris, je n’ouvre pas mes réseaux. Je ne réponds pas aux emails. Je ne pense pas à la couverture du prochain livre. J’écris, c’est tout.

Quand je suis en mode « édition et promotion », je mets l’écriture de côté. Je travaille sur les descriptions Amazon, les posts réseaux sociaux, la mise en page, les corrections.

Cette séparation m’a pris du temps à mettre en place, mais elle a tout changé. L’écriture est redevenue un espace de liberté, pas une tâche sur une liste.

auto-édition

L’auto-édition, c’est un métier à part entière

Publier un livre en auto-édition ne s’arrête pas au moment où vous cliquez sur « Publier » sur Amazon KDP.

C’est même là que le travail commence vraiment.

Il faut soigner la fiche produit — le titre, le sous-titre, la description, les mots-clés, la catégorie. Amazon est un moteur de recherche comme Google, et si votre fiche n’est pas optimisée, personne ne trouvera votre livre.

Il faut travailler la couverture — c’est le premier contact avec le lecteur. Une couverture amateur fait fuir, même si le contenu est excellent. 

auto edition

Il faut gérer les prix — trouver le bon équilibre entre être accessible et valoriser son travail n’est pas simple. J’ai testé plusieurs stratégies avant de trouver ce qui fonctionnait pour moi.

Il faut assurer la visibilité — réseaux sociaux, site internet, plateformes de lecteurs, extraits gratuits, groupes Facebook. La promotion d’un livre auto-édité est un travail de longue haleine qui ne s’arrête jamais vraiment.

Et tout ça, en parallèle d’écrire le prochain livre.

Vivre avec une maladie chronique et rester productive

Je ne peux pas parler de mon organisation sans parler de ma spondylarthrite ankylosante.

C’est une maladie inflammatoire chronique qui touche mes articulations et ma colonne vertébrale. Certains jours je vais bien. D’autres jours, m’asseoir devant un écran pendant deux heures est déjà un effort.

J’ai appris à travailler avec ça, pas contre ça.

Concrètement, ça veut dire écouter mon corps avant de planifier ma journée. Les jours de crise, je n’écris pas — ou j’écris peu, sur téléphone allongée si besoin. Les jours où je vais bien, j’en profite pour avancer.

Ça veut dire aussi ne pas culpabiliser quand une semaine est moins productive qu’une autre. L’auto-édition a cet avantage sur le monde de l’édition traditionnelle : personne ne m’attend avec un contrat et des délais imposés. Je suis ma propre patronne, et je m’accorde la bienveillance que je n’aurais peut-être pas dans un autre contexte professionnel.

Ça veut dire enfin travailler en avance quand je le peux — rédiger plusieurs posts réseaux sociaux d’un coup, planifier les publications, avancer sur plusieurs chapitres les bons jours pour avoir de la marge les mauvais.

Les outils qui m’ont simplifié la vie

Je ne suis pas une grande fan des outils compliqués. Voici ce que j’utilise vraiment au quotidien :

Pour l’écriture Un traitement de texte simple — Word ou Google Docs selon les projets. Pas besoin de logiciel spécialisé pour commencer.

Pour la mise en page Amazon KDP propose des modèles gratuits qui suffisent pour une mise en page correcte. Pour aller plus loin, Canva permet de créer des intérieurs de livres propres sans avoir de compétences en design.

Pour les réseaux sociaux Je prépare mes contenus en avance et je les planifie avec Meta Business Suite — gratuit et suffisant pour Facebook et Instagram.

Pour mon site WordPress avec Elementor. Pas toujours simple à prendre en main au début, mais très puissant une fois qu’on s’y est habitué.

Pour suivre mes ventes Le tableau de bord Amazon KDP directement — simple et efficace.

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Ce que j’aurais aimé savoir avant de commencer

Si je devais donner trois conseils à une autrice qui démarre en auto-édition, ce serait ceux-là :

  1. Ne publiez pas trop vite. La tentation de publier dès que le manuscrit est terminé est grande. Résistez-y. Prenez le temps de faire relire, de corriger, de soigner la couverture et la description. Un premier livre bâclé laisse une mauvaise impression durable.
  2. Construisez votre présence en ligne avant la publication. Commencez à créer votre site, vos réseaux sociaux, votre communauté avant même que le livre soit sorti. Les lecteurs ont besoin de vous connaître avant de vous faire confiance.
  3. Acceptez que ça prenne du temps. L’auto-édition n’est pas un sprint, c’est un marathon. La visibilité se construit livre après livre, article après article, post après post. Il n’y a pas de raccourci — mais il y a une vraie satisfaction à construire quelque chose qui vous appartient entièrement.

Conclusion

Gérer l’écriture et l’auto-édition en parallèle, c’est exigeant. C’est parfois épuisant, souvent imparfait, et toujours plus compliqué qu’on ne l’imaginait au départ.

Mais c’est aussi une liberté totale. Celle de choisir ce qu’on écrit, comment on le publie, à qui on s’adresse, et à quel rythme on avance.

Pour moi, cette liberté vaut tous les efforts.

Et si vous êtes autrice ou auteur auto-édité et que vous vous reconnaissez dans ce que je décris — sachez que vous n’êtes pas seul.e. C’est dur pour tout le monde au début. Et ça devient plus facile avec le temps.

N’hésitez pas à me laisser un commentaire ou à me rejoindre sur mes réseaux — j’aime beaucoup échanger avec d’autres auteurs indépendants. 🤍

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